La technique
L'aquatinte, appelée aussi gravure au lavis, a été trouvée en 1660, par Hercule Segers, peintre d'Utrechet, et a été perfectionnée par Jean-Baptiste Leprince, peintre du XVIIIe siècle. L'aquatinte est un procédé de gravure qui consiste à laver sur le cuivre ou le zinc, avec le pinceau et et de l'eau forte, comme on le fait sur le papier avec l'encre de Chine, de sorte que les estampes, obtenues par l'impression, ont toute la valeur, tout le mérite et tout le cachet des dessins originaux.
Il y a plusieurs procédés pour produire l'aquatinte : le procédé au sel, le procédé au soufre et le procédé galvanique.
Procédé français On prépare la planche de cuivre comme pour l'eau forte, et on trace, avec des pointes moins aiguës et plus arrondies, les contours et les traits du dessin. On fait mordre le cuivre avec un acide faible (acide nitrique à 15° B), on le dévernit et on le nettoie bien. On procède ensuite à la pose d'un grain à sa surface et, à cet effet on se sert d'un instruement appelé boîte à aquatinte présentée ci-dessous.

Boîte à aquatinte
C'est une caisse rectangulaire de 1m de longueur, 0m60 de largeur et 1m25 de hauteur, suportée par 4 pieds, dont le fond se termine en forme de pyramide. Cette boîte renferme une certaine quantité de résine (colophane) finement pulvérisée que l'on peut mettre en suspension dans son intérieur au moyen d'un soufflet, dont la buse débouche dans la partie inférieure. Une porte à charnière, s'ouvrant horizontalement permet d'introduire la plaque dans la boîte et de la poser sur les deux tringles horizontales. La planches étant placée sur ces tringles, la face gravée en dessus, on ferme la porte et l'on actionne la soufflerie. Les particules de résine se mettent aussitôt à voltiger, et se superposent par ordre de grosseur, les parties les plus fines retombent sur la plaque où elles forment, au bout de quelques instants, une couche mince et uniforme. Ce résultat obtenu, on retire la planche et on la chauffe sur une plaque électrique, de façon à faire fondre la résine et à la coller sur le métal. On fait mordre la plaque à l'eau-forte, qui ronge les espaces laissés nus entre les grains de résine et produit un pointillé plus ou moins fin selon l'épaisseur de la couche de résine, la grosseur des grains, et le degré de chaleur subi.
Avant de soumettre la plaque à l'eau-forte, il faut terminer le dessin. On repasse à la pointe tous les traits qui ont été recouverts de résine, et, avec un pinceau imbibé de vernis, on couvre toutes les parties qui doivent rester blanches. On procède ensuite à différentes morsures dans l'acide et on recouvre petit à petit les parties que l'on veut moins noires avec du vernis, sachant que les parties non recouvertes étant passées dans différents bains de morsures donneront un noir intense.

Comment poser un grain ?
A la main
Si l'on a pas de boîte à aquatinte, on peut mettre la résine dans un pot recouvert d'un tissu qui sert de tamis et on saupoudre la plaque de résine en poudre d'une manière régulière, il faut faire en sorte que la résine recouvre toute la plaque, que les grains soient serrés mais pas trop, car la morsure se fera entre les grains. Il faut ensuite faire chauffer la plaque, la couche de résine qui est d'abord blanche va devenir transparente, quand toute la résine est transparente, la plaque est bonne.

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